Stages de 3e : quand les entreprises transmettent plus que des métiers

Stages de 3e : quand les entreprises transmettent plus que des métiers

Depuis 3 ans, plusieurs entreprises membres d’Acteco3f ouvrent leurs portes à des collégiens de 3e des collèges de l’agglomération de Saint-Louis pour une semaine de stage multi-entreprises. Cinq jours, cinq entreprises différentes, un panel large de métiers industriels à découvrir de l’intérieur. Le principe est simple : permettre à de jeunes stagiaires de ne pas se limiter à un seul environnement de travail, mais d’en traverser plusieurs, d’observer, de poser des questions, de se confronter à des réalités professionnelles très différentes les unes des autres.

Mais à l’usage, ce que ce dispositif révèle va bien au-delà de la découverte des métiers.

Ce que l’on n’apprend pas à l’école

Les entreprises qui participent à ces stages le disent sans détour : les jeunes qu’elles accueillent arrivent souvent loin du monde du travail — peu motivés, difficiles à mobiliser, avec du mal à se concentrer sur la durée. L’enthousiasme n’est pas toujours au rendez-vous, et l’expérience tend à se compliquer d’année en année.

Ce que ces entreprises transmettent avant même de parler de métiers, c’est donc quelque chose de plus fondamental : se présenter en entrant dans une salle, regarder son interlocuteur dans les yeux, soigner sa tenue, comprendre que l’on est là pour coopérer et non pour s’opposer, mettre en avant le meilleur de soi-même. Des attitudes qui semblent évidentes de l’extérieur, et qui ne vont pourtant pas de soi pour une partie de ces jeunes.

Ce constat n’est pas une critique. C’est une réalité que les entreprises ont appris à accueillir, avec tout ce que cela demande de patience et d’ajustement.

Un territoire de brassage

Cette année encore, certains des jeunes accueillis étaient des primo-arrivants. C’est une réalité propre au territoire de Saint-Louis Agglomération, situé au carrefour de la France, de l’Allemagne et de la Suisse, terre d’accueil et de circulation permanente. La barrière de la langue s’ajoute alors à toutes les autres, et l’immersion en entreprise prend une dimension supplémentaire : elle devient, pour certains, une première expérience concrète de ce que signifie travailler dans un contexte professionnel francophone.

Les entreprises qui jouent le jeu de ce dispositif ne l’ignorent pas. Les profils sont hétérogènes, les niveaux de maturité très variables, et elles font face à des situations qu’elles n’anticipaient pas forcément. Celles qui restent dans le dispositif le font par conviction, pas par confort.

Un engagement qui mérite d’être nommé

Cette troisième édition a réuni l’EuroAirport, SIGVARIS GROUP France, la Ville de Saint-Louis, Elanco et Sofitex France. Les salariés de ces entreprises ont consacré du temps, réorganisés leurs plannings pour accueillir, expliquer, montrer, et parfois recadrer avec bienveillance. Ce n’est pas un geste anodin.

Ce type d’engagement ne fait pas l’objet de grandes annonces. Il ne génère pas de retombées immédiates. Mais il participe, à sa mesure, à construire le lien entre le monde industriel et les jeunes qui grandissent sur ce territoire — un lien qui conditionne, à terme, la capacité du tissu économique local à recruter et à fidéliser.

Acteco3f remercie chacune de ces entreprises pour leur implication, et salue les salariés qui, au quotidien, ont fait de cette semaine une expérience utile pour les jeunes du collège Forlen.